Question orale au Ministre-Président Di Rupo
Monsieur le Ministre-Président, on vient de l’entendre, les débats font rage quant aux orientations à prendre pour le redéploiement économique qui devra se mettre en place suite à la crise économique liée à la crise sanitaire.
Ma question recouvre en partie certaines questions déjà abordées par M. Antoine, mais également quelques questions plus spécifiques.
De nombreux acteurs se sont prononcés afin de maintenir, voire d’accentuer, l’orientation durable de l’économie dans l’Union européenne qui était concrétisée par le Green Deal. Il y a une coalition de parlementaires européens, de représentants de la société civile, mais également de directeurs de grandes entreprises qui se sont prononcés en ce sens.
Par ailleurs, on sait que certains secteurs font actuellement un lobbying intense afin d’affaiblir les ambitions environnementales de l’Union, notamment en termes de réduction de CO2ou d’économie circulaire et de réduction de production de déchets.
Vous aviez déjà indiqué, lors de la Commission spéciale du 23 avril, que pour la Wallonie, le Green Deal doit être au cœur du redéploiement économique ; ce que mon groupe applaudit.
J’aurais voulu revenir vers vous par rapport aux propositions de la Commission de façon générale sur cet enjeu, mais aussi savoir s’il y a eu des propositions spécifiques déposées par la Commission ou par un État membre relatives, par exemple, à ces objectifs de réduction des émissions de CO2dans le secteur automobile ou à l’usage du plastique à usage unique.
En parallèle, le Danemark a rédigé un courrier officiel afin de défendre des ambitions environnementales très fortes. Il a été rejoint, selon mes informations, à ce stade, par au moins 17 États membres. Pouvez-vous nous indiquer les positions défendues par la Wallonie et par la Belgique sur ce projet de courrier du Danemark?
Enfin, je ferai un focus particulier sur le transport aérien très émetteur en CO2. Des aides ont d’ores et déjà été accordées à des compagnies à l’heure où nous nous parlons, parfois sans condition. Mon collègue, M. Clersy interrogera le Gouvernement un peu plus tard sur les aides spécifiques de la Wallonie, mais chez nos voisins, on sait que, par exemple, Air France a déjà relancé certaines liaisons internes à la France, dont certaines pour des trajets qui prendraient moins de trois heures en TGV. Vous me direz que cela se passe en France, mais justement, le climat ne connaît pas de frontières. Vu les aides publiques importantes reçues par ce secteur, il semble pertinent d’accentuer les conditions qui lui sont imposées dans un but d’intérêt général.
Pour terminer, je voulais donc vous demander si le Gouvernement wallon avait examiné la possibilité de plaider au niveau européen pour une restructuration progressive de ce secteur, une interdiction des vols commerciaux continentaux de courtes distances et une taxe kérosène, ce qui figure dans l’accord de gouvernement.
Je vous remercie d’avance pour vos réponses.